Le 11 février 2015 à 23h03, SpaceX a envoyé son premier Falcon 9 en mission au-delà de l’orbite terrestre basse et de l’orbite géostationnaire. C’était il y a plus de sept ans, et la mission a été un succès. Le satellite avait atteint le point L1, à plus d’un million de kilomètres de la Terre. Tout s’était déroulé comme prévu, mais depuis, le deuxième étage de la fusée dérive toujours dans l’espace…
Après tant d’années à subir l’influence des différentes forces gravitationnelles de la Terre, de la Lune et du Soleil, l’étage de la fusée Falcon 9 du 11 février 2015 semble avoir trouvé sa destination finale. C’est l’ingénieur Bill Gray, spécialiste du suivi des objets spatiaux, qui a révélé l’information. Selon ses calculs, le 4 mars, l’astre va s’écraser sur la surface de la face cachée de la Lune, à une vitesse de 2,58 km/s.
Une fusée SpaceX va s’écraser sur la Lune

Pourquoi en est-on arrivé là ? Dans le cadre d’une mission interplanétaire, le deuxième étage d’une fusée n’a pas assez de carburant pour pouvoir revenir se poser sur Terre ou se propulser en dehors de la force gravitationnelle Soleil-Terre. L’étage pèse 4 tonnes selon les données recueillies par Bill Gray et ses équipes. Il s’agira du premier crash « involontaire » d’un corps artificiel sur la surface de la Lune.
Bill Gray a mentionné le Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA et le vaisseau spatial indien Chandrayaan-2 comme étant les deux satellites en orbite basse lunaire capables de recueillir des informations sur le crash. Cela dit, il juge que la probabilité est faible que l’un de ces deux corps soit proche du point d’impact au bon moment, et que leurs agences dégagent les fonds nécessaires pour brûler du carburant afin de modifier leur orbite pour cet événement.
«Mieux encore, peut-être, serait-il que les personnes qui lancent ces missions réfléchissent à la destination de leurs boosters et les laissent sur des orbites qui traverseront la lune. Je serais un grand fan de cela, mais cela ne semble pas avoir été sur le radar de la CNSA ou de la NASA », a écrit Bill Gray à propos du manque d’observations de tels accidents sur la surface lunaire.
A quoi cela servirait-il ? Si l’un des satellites pouvait passer près de la zone d’impact, alors il pourrait « voir un cratère d’impact très froid et probablement apprendre quelque chose sur la géologie (enfin, la sélénologie) de cette partie de la Lune », a-t-il ajouté.



